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  Fiche technique
Qui est Monsieur Schmitt ?
Qui est Monsieur Schmitt ?  
extraits de presse  
     
  LE FIGARO MAGAZINE  
 

Ebouriffant

On le sait depuis Cochons d'Inde, qui a poursuivi la saison dernière une brillante carrière couronnée par trois molières : il y a un univers Thiéry. La pièce que nous propose aujourd'hui ce jeune auteur, Qui est Monsieur Schmitt ?, nous le confirme de manière éblouissante. Elle nous propulse dans une sorte de quatrième dimension, comme le disent très justement ses excellents metteurs en scène José Paul et Stéphane Cottin, une dimension extravagante, inquiétante et d'une irrésistible drôlerie, habitée par les fantômes de l'absurde et du surréalisme.

Le génie de Sébastien Thiéry est de nous renvoyer comme sans le vouloir à des questions fondamentales en utilisant des moyens d'écriture et de construction simples, presque innocemment, avec pour ambition majeure de nous faire rire. Ses héros sont ordinaires, assez médiocres même, leur psychologie est sommaire. Mais le hasard les plonge dans des situations inattendues et dramatiques dont les développements vont atteindre des proportions d'une incongruité énorme. Le comique naît de cet enchaînement de fatalités. Cela peut s'appeler la logique de l'absurde. La folie n'est jamais loin.

S'il philosophait, Sébastien Thiéry disserterait sur nos aliénations. Nous sommes prisonniers. D'un système ou d'un hasard : c'est Cochons d'Inde. Mais surtout des autres, de leur regard, et de la réponse que nous leur apportons, et finalement de nous-mêmes : c'est Qui est Monsieur Schmitt ? Les circonstances vont amener le héros de la pièce à ne plus savoir qui il est exactement. Qui sommes-nous ? Celui que nous sommes réellement, celui que nous croyons être, celui que nous prétendons être, celui que les autres croient que nous sommes ? On n'aura pas la réponse, car l'auteur ne philosophe pas ! Mais c'est mieux ainsi, et c'est infiniment plus drôle : car on aura la démonstration par l'humour de ce questionnement essentiel, démonstration incarnée par un acteur formidable, Richard Berry. De la colère à la révolte, du désarroi à la violence, du doute à la résignation, il nous offre l'éventail d'un talent immense, face à une Raphaëline Goupilleau savoureuse. Une soirée cocasse, désopilante, ébouriffante. Kafka aurait adoré. Feydeau aussi.


LE FIGARO MAGAZINE - Philippe Tesson



 
     
     
  Télérama  
 


Jean-Claude et Nicole Bélier sont-ils Monsieur et Madame Schmitt ? A-t-on à faire au cauchemar de Monsieur Bélier ou à celui de Monsieur Schmitt ? Est-ce lui qui ne tourne pas rond ou bien le monde qui n'est plus ce qu'il était ? Une vraie crise d'identité qui pourrait bien tourner à la crise de nerfs ou à la vraie folie. L'écriture de Sébastien Thiéry occupe un territoire original : répliques de pur boulevard et monde absurde kafkaïen. Ça prend, ça nous perd et provoque un étrange rire inquiet. Raphaëline Goupilleau est parfaite en épouse peut-être trop parfaite pour être honnête. Richard Berry nous emporte dans les méandres de son identité chaotique. Chick Ortega fait un agent de police inquiétant. Sébastien Thiéry joue le psy qui mène l'enquête, mais peut-être est-il employé pour brouiller les pistes. On s'y perd, on s'y perd, il faut voir ça de plus près.

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