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Diplomatie
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  Le Figaro  
 


Arestrup contre Dussollier, un fascinant duel

La puissance du décor de Stéphanie Jarre saisit d'entrée : une vue de Paris, la nuit, depuis le balcon de la suite encombrée d'un palace. Imperceptiblement, la lumière, idéalement dosée par Roberto Venturi, va nous conduire au jour. Unité de temps, de lieu, d'action : Cyril Gély écrit une tragédie brève dont il puise le sujet dans l'histoire. Nous sommes le 25 août 1944 au Meurice. Le général Dietrich von Choltitz (Niels Arestrup), commandant du Grand-Paris, a reçu l'ordre de détruire la ville. Tout est en place lorsque surgit le consul général de Suède, Raoul Nordling (André Dussollier).
On sait que cet homme admirable a rééllement été déterminant, alors que les troupes alliées approchaient de la capitale. Il était intervenu pour que les prisonniers français soient libérés en échange des Allemands pris par les FFI. On lui doit aussi d'avoir convaincu l'homme qui avait détruit Sébastopol et écrasé Rotterdam, héritier Le consul général de Suède est joué par André Dussollier le général Dietrich von Choltitz par Niels Arestrup. d'une lignée d'officiers, aristocrates silésiens, de désobéir aux ordres de Hitler. Cyril Gély donne aux deux « personnages » une cohérence psychologique, intellectuelle, humaine très convaincante. La pièce est remarquablement construite. Tout compte. Le moindre geste, la moindre réflexion. L'auteur introduit une part romanesque en imaginant le grave Nordling, français par sa mère, époux d'une Française, épiant le terrible von Choltitz de l'autre côté d'un miroir sans tain...

Complexité vertigineuse

L'écrivain excelle a donner de la pulpe aux répliques, de la chair à cet affrontement angoissant, et conduit son drame d'une main ferme. Produite avec le soutien de la Fondation Jacques-Toja, la pièce a reçu le prix très important de la Fondation Barrière et le mérite amplement. Frédéric Franck l'avait programmée auparavant et a su réunir deux géants de la scène. Sous la houlette de Stephan Meldegg et Béatrice Agenin, trois jeunes jouent les personnages de complément avec précision, Marc Voisin, Olivier Sabin, Roman Kané.
L'essentiel repose sur Niels Arestrup et André Dussollier, fascinants l'un comme l'autre. Arestrup, Choltitz engoncé dans son costume et sa férocité d'acier, mais craignant pour sa femme, ses enfants, impose cet homme dur mais cultivé.
Avec son phrasé venu du tréfond de son être, violent jusqu'à être terrorisant, puis touché mais jamais vaincu, ce Choltitz est d'une complexité vertigineuse. Sans effet, dans la sobriété du Nord et du protestantisme, André Dussollier subjugue. On croit à Nordling, on ressent sa noblesse, sa peur d'échouer, son courage, son esprit. C'est magnifique.

Armelle Héliot - LE FIGARO



 
     
     
  PARISIEN ILE DE FRANCE  
 


L'action se passe dans la nuit du 25 août 1944. Le généraI Dietrich von Choltitz, n'a pas fermé l'½il, probablement à cause de la chaleur étouffante et du poids qui pèse sur ses épaules. Sur ordre df\dolf Hitler, le gouverneur du Grand Paris a la responsabilité de donner le signal qui détruira la capitale. Mais ce militaire n'obéit pas au Führer, alors que sa famille risque pourtant d'être exécutée par la Gestapo. Que s'est-il passé? Retranché dans sa chambre de l'hôtel Meurice, von Choltitz congédie les membres de sa garde rapprochée, préférant rester seul pour prendre l'ultime décision. Mais c'est sans compter sur la visite surprise du consul généraI de Suède, Raoul Nordling. Entré par un escalier resté secret. le diplomate vient négocier l'avenir de Paris.
L'auteur dramatique Cyril Gély imagine avec finesse cette rencontre pleine de suspense. Le public reste suspendu aux lèvres de Niels Arestrup et d'André Dussollier aussi brillants l'un que l'autre.
Arestrup impressionne en général nazi. Doté d'un accent germanique impeccable, le comédien d'origine danoise offre une prestation physique impressionnante. Chaque geste, chaque déplacement est mesuré et traduit la tension qui habite le personnage. Dussollier n'est pas en reste. Habile et charmeur, il dissémine une juste dérision tout au long de sa négociation. Ce duo épatant parvient à faire lire toute une salle sur un sujet grave. Trois autres comédiens complètent cette belle affiche. La mise en scène de Stephan Meldegg s'attache à respecter le cadre historique. Au final. on passe une fort bonne soirée.

Floriane Gillette - PARISIEN ILE DE FRANCE