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Grand Ecart
Grand Ecart
extraits de presse

     
  Le Figaro  
 




Thierry Lhermitte fait le « Grand Ecart »

Le comédien détonne dans le rôle d'un danseur retraité excentrique.

Barbu, chemise à carreaux rouges et noirs sur un marcel, pompons de laine accrochés aux jambières : ancien danseur, Tobi, alias Thierry Lhermitte, vit retiré dans sa tanière new-yorkaise. Pour l'heure, il prépare des corn-flakes et des pommes pour recevoir Lisa (Valérie Karsenti), une journaliste. Elle prépare un mémoire, sur l'histoire de la chorégraphie classique aux États-Unis. Cheveux lâchés, robg bleue, la jeune femme débarque accompagnée de Mike, son mari (François Feroleto), censé régler le magnétophone. L'entretien commence normalement, pourtant quelque chose cloche.
Tobi noie le couple dans une logorrhée verbale. Mike est nerveux, Lisa semble inquiète. On pressent qu'il suffirait d'un rien... Mais préservons le suspense de cette comédie de l'Américain Stephen Belber, Grand Écart (à l'origine intitulée Match), revisitée, fidèlement semble-t-il, par Benoît Lavigne. Elle ne manque pas de piquant.
L'auteur traite de solitude d'amour, de la famille, du fossé existant entre la vie qu'on a imaginée et la réalité. Habillé par Cécile Magnan, qui avait créé les costumes des films Les Bronzés, Thierry Lhermitte détonne dans le rôle d'un danseur retraité excentrique, homosexuel, abonné aux paradis artificiels. Dirigé par Benoît Lavigne, il est impossible de ne pas succomber à son charme lorsqu'il montre à Usa les pulls colorés qu'il a tricotés ! La brune Valérie Karsenti craque également, sensible et subtile, se fond dans le personnage de cette curieuse «interrogatrice», face à François Feroleto, au diapason. Tous deux s'étaient déjà illustrés en 2004 dans LE ROI SE MEURT, aux côtés de Michel Bouquet au Théâtre Hébertot. Leur avenir s'annonce sous les meilleurs auspices.

Nathalie Simon - SAMEDI 30 OCTOBRE 2010



 
     
     
  Le Journal du dimanche  
 


Thierry Lhermitte : « J'aime jouer en bande » L'acteur interprète un chorégraphe dans une comédie new-yorkaise «

ÇA COMMENCE à venir! » Le metteur en scène Benoît Lavigne se livre auprès de ses acteurs à un ultime compte rendu. A ses remarques, Thierry Lhermitte acquiesce d'un « oui, oui, t'as raison» attentif et appliqué qui ne se débarrasse pas de l'interlocuteur. Affublé d'une barbe de trois jours, de tongs et d'un tee-shirt coloré, l'ex-Bronzé assure ne pas revenir à la scène du Théâtre de la Madeleine en touriste.
Dans GRAND ECART, une comédie new-yorkaise, qu'il promet drôle et émouvante, signée Stephen Belber, il campe un professeur et chorégraphe soudainement confronté à un jeune couple avide de vérité. « C'est un personnage pittoresque. Engagé à 16 ans comme danseur chez Balanchine, il a été obligé d'interrompre sa carrière à cause d'un accident. Enseigner le sauve. » Loin du mythe, c'est aussi un personnage dérisoire adepte du tricot et de l'humour désespéré : « Je ne couche pas avec mes élèves. Tout le monde le fait. Je ne suis pas logique. »
Lhermitte non plus. Loin de son image un rien dilettante de baroudeur aux yeux bleus qui savoure en alternance la navigation, les tournages et les planches, l'acteur montre ici un visage de perfectionniste. « Je n'avais pas travaillé autant depuis très longtemps. Le texte, dont j'aime la minutie et la subtilité propre aux auteurs anglo-saxons, me réveille la nuit. Il faut que l'intellect s'accorde à l'inconscient, et donc savoir les dialogues à l'endroit comme à l'envers. » D'autant plus que, il le précise: « Je suis habitué à écrire et jouer en bande. Quand on signe les mots que l'on se met en bouche, les neuf dixièmes du job sont faits. » Son plaisir reste alors d'affiner. Pour autant, ce n'est pas comme on pourrait le croire, la discipline intrinsèque à la danse exercée par son personnage qui pousse l'acteur à dépasser encore ses limites.

« J'ai toujours été jusqu'au-boutiste. Ce n'est pas le but qui compte, c'est le chemin. Au théâtre, on donne du sens à ce que l'on dit à l'instant où on le joue. Alors, en amont, il faut passer un temps fou à approfondir le texte. Au cinéma, ce travail est fait par le réalisateur au montage. »

Son imaginaire trouve davantage d'écho dans la science que dans la fiction

A vouloir tout faire si bien, Thierry Lhermitte a dû lâcher son travail de producteur qui le passionnait en parallèle. « Lire des scenarii intelligemment prend un temps fou. » Alors, entre deux projets, il redevient fou d'équitation sans pour autant oublier ses passions pour la plongée sous-marine ou l'escalade. Son imaginaire? Il trouve davantage d'écho dans la science que dans la fiction. Agnostique féru d'essais, il s'est régalé récemment d'un ouvrage d'Yves Christen : « l'animal est-il une personne ? »

« On se demande toujours ce qui est le propre de l'homme. On voit bien que certains animaux rient comme nous, que d'autres mentent comme nous. Par exemple les singes savent avoir de l'empathie entre eux.» Définitivement, l'acteur donne l'image d'un homme de troupe bien dans ses pompes qui se contenterait sagement de faire partie de l'équipe qui gagne. Le grand public l'a autant adoré dans LE DINER DE CONS, de Francis Weber, que dans LE ZEBRE, d'Alexandre Jardin, mais on ne sait où Thierry aime voir Lhermitte. En effet, difficile pour l'acteur de lâcher quelque chose de sa personne. A l'aune de ses personnages et d'une carrière réussie où il est pourtant difficile de le situer, il demeure sympathique tout en cachant ses émotions. Sans pudibonderie.

Delphine de Malherbe - Le Journal du Dimanche



 
     
     
  Direct Matin  
 


LHERMITTE À LA BARRE

Thierry Lhermitte fait le grand écart au Théâtre de la Madeleine.
L'acteur qui goûte peu l'exercice de l'interview s'y prête sur scène dans la peau d'un vieux chorégraphe new-yorkais, adulescent et excentrique, d'emblée attachant. «Tobias est ravi de raconter sa vie à cette thésarde et à son mari», explique Thierry Lhermitte qui s'il devait résumer la sienne, s'attarderait sur «les cours de Tsilla Chelton, une sorte de Tobby dans la passion d'enseigner ; le Splendid, puis ma carrière solo qui démarre avec LES RIPOUX, celle de producteur et enfin mon retour au théâtre».
Un come-back opéré en 2007 avec BIOGRAPHIE SANS ANTOINETTE, qu'il prolonge aujourd'hui avec cette comédie explosive de Stephen Belber, MATCH, créée à Broadway en 2004, et rebaptisée GRAND ECART. «Nous cherchions un terme de danse qui soit à la fois un terme de conflit psychologique», souligne le comédien. Dans son appartement très seventies, Tobias reçoit la visite d'un couple en quête de vérité. Laquelle? Impossible d'en dire plus sans dévoiler l'intrigue.

Emotion sans tabou De petits en grands secrets, Tobby s'impose en fil conducteur de cette comédie pensée comme une enquête. L'ex-Bronzé excelle en chorégraphe maniaque et adepte du tricot, fils d'un éleveur de cochons. Lunettes au bout du nez et guêtres au pied, Tobby souffle le chaud et le froid.« Il s'amuse à brancher ce couple, à les choquer, et en même temps le sujet n'est pas toujours gai, raconte Thierry Lhermitte. Ce mec est tout seul. Alors que cette fille écrit une thèse sur lui, il se met à raconter sa vie en long et en large, c'est émouvant et drôle. A part son travail et son tricot, il n'a pas grand-chose dans la vie, c'est un peu le désert affectif.» Dans cette pièce où aucun sujet n'est tabou - paternité, sexualité, vie d'artiste - Tobby joue de bout en bout la carte de la provoc. Mis en scène par Benoit Lavigne, c'est l'un des rendez-vous théâtraux les plus originaux de la rentrée.