Extraits de presse
  Conditions techniques
TROIS POÈTES LIBERTAIRES DU XXe SIÈCLE
TROIS POÈTES LIBERTAIRES DU XXe SIÈCLE
 
DISTRIBUTION
PARISIENNE


Mise en scène :
Gabor Rassov

Lumières :
Orazio Trotta

Avec :
Jean-Louis Trintignant
Daniel Mille à l'accordéon
Grégoire Korniluk au violoncelle

Production Les Visiteurs du Soir


 




TROIS POÈTES LIBERTAIRES : PRÉVERT, VIAN, DESNOS



NOTE D'INTENTION

Jean-Louis Trintignant est un fou de poésie, il ne cesse d'en lire, d'en réciter à ceux qui l'entourent. Pour nous faire partager sa passion, il a choisi trois poètes du vingtième siècle, trois hommes épris de liberté, comme lui.

À travers sa bouche, Prévert, Vian et Desnos disent la résistance et le combat, l'amour présent et celui qui s'en est allé, jouant avec les mots pour nous faire rire, où les brandissant comme des armes. Trintignant alterne les textes poignants et drôlissimes. Il ne les dit pas, il les vit, il les incarne, trouvant toujours un accord secret, intime, avec leur auteur aujourd'hui disparu.

Son plaisir est contagieux. Un geste, une inflexion malicieuse ou triste suffit à nous emporter au pays des poètes, un pays plus profond, plus touchant et plus drôle que celui où nous avons l'habitude d'évoluer.

Gabor Rassov



 



Poètes
 
Jacques Prévert (1900-1977)

Fils d'André Prévert et de Suzanne Catusse, il naît en 1900 à Neuilly-sur-Seine dans un milieu bourgeois auquel il n'adhère pas.
Il se passionne dès son plus jeune âge pour la lecture et le spectacle et à 15 ans, après son certificat d'études, il entreprend des petits boulots. Incorporé en 1920, il ne s'y dérobe pas et rejoint son régiment.
De retour à Paris en 1922, Jacques Prévert s'établira au 54, rue du Château à Paris qui sera bientôt le point de rencontre du mouvement surréaliste auquel participent Desnos, Malkine, Aragon, Leiris, Artaud, sans oublier leur chef de file André Breton. Quand le mouvement surréaliste se rapproche du parti communiste, Prévert prend ses distances avec André Breton et finira par s'opposer à l'autoritarisme du "Maître". Contrairement à beaucoup de ses camarades surréalistes, il n'adhérera d'ailleurs jamais au Parti Communiste.
Avec Prévert, un univers à part se crée fuyant l'ordre voulu par « Dieu » et les « contre amiraux » (l'une des nombreuses figures sociales qu'il tournait en dérision). En marge de ses activités théâtrales et poétiques, il produit les scénarios de grands films du cinéma français Le crime de Monsieur Lange (1935) pour Jean Renoir, Quai des brumes (1935), Drôle de drame (1937), Le jour se lève (1939), Les visiteurs du soir (1941), Les enfants du paradis (1944), Les portes de la nuit (1946), tous pour Marcel Carné.
Enfin, La bergère et le ramoneur (1953) sera repris par Paul Grimault pour donner naissance, en 1979, à un dessin animé grandiose intitulé Le roi et l'oiseau. Il meurt à Omonville-la-Petite à 77 ans.


Boris Vian (1920-1959)


Si Boris Vian est de vingt ans plus jeune que Prévert et Desnos, ce n'est pas l'unique trait qui les différencie. En effet, et malgré une santé fragile, Boris Vian effectue de longues études après son baccalauréat scientifique option mathématiques en entrant en classe préparatoire aux écoles d'ingénieurs puis en intégrant l'école Centrale, à Paris. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l'Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Féru des cafés de Saint-Germain, il rencontre dans les années 40 de nombreuses personnalités du monde littéraire comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Raymond Queneau. C'est à la même époque qu'il rédige son premier roman sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, J'irai cracher sur vos tombes. Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes moeurs. S'ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte. Si les oeuvres à succès, signées Vernon Sullivan, ont permis à Vian de vivre, elles ont aussi occulté les romans signés de son vrai nom, oeuvres plus importantes à ses yeux. D'après lui, seuls ces derniers avaient une véritable valeur littéraire.
Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot, de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante.
Son œuvre connaît un immense succès public posthume dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de mai 68 : les jeunes de la nouvelle génération redécouvrent Vian, l'éternel adolescent, dans lequel ils se retrouvent.
S'il n'a pas vécu à la grande époque du surréalisme, nombre de ses oeuvres font explicitement référence à des univers décalés et à un travail sur l'inconscient. Ainsi L'Arrache-coeur est une interrogation profonde sur les motivations de l'inconscient de chacun, tandis que L'Ecume des jours introduit des personnages loufoques et un jeu d'inversion permanent (Jean-Sol Partre pour Jean-Paul Sartre) vis-à-vis de la réalité. Son écriture poétique met en valeur son imagination débordante. Malade du coeur depuis l'adolescence, il succombe à l'âge de 39 ans, laissant derrière lui une oeuvre riche et variée.


Robert Desnos (1900-1945)


Né comme son ami Prévert en 1900, il décide de quitter le collège à seize ans mu par la volonté de devenir poète. Dès 1918 il a commencé à écrire quelques poèmes, dont certains sont publiés dans Tribune des jeunes, une revue de tendance socialiste. L'autodidacte poursuit sa route en devenant secrétaire et gérant de la maison d'édition de Jean de Bonnefon en 1919. Bien qu'il parte effectuer son service militaire, il parvient à intégrer le groupe surréaliste dans les années 1920. Il devient alors un spécialiste de l'écriture automatique et joue avec le langage dans ses poèmes intitulés P'Oasis ou L' Asile ami.
Dans les années 1924-1929, Desnos est rédacteur de La Révolution surréaliste mais pour gagner sa vie, il est caissier au journal Paris-Soir où il deviendra par la suite journaliste. L'expérience du journalisme le marquera d'ailleurs profondément, lui qui n'hésitera pas à critiquer ouvertement et avec acidité cette profession. Un profond désaccord avec le groupe surréaliste le pousse à quitter le mouvement en 1929. En effet, il se refuse à prendre la voie du communisme, autant par indépendance que par conviction, et entame une longue querelle malsaine avec André Breton et certains autres surréalistes comme Aragon.

Il travaille alors pour la radio sur l'émission La Grande Complainte de Fantomas. Dès juillet 1942, il fait partie du réseau AGIR, auquel il transmet des informations confidentielles parvenues au journal, tout en fabriquant par ailleurs de faux papiers pour des Juifs ou des résistants en difficulté. Dès lors, aux missions de renseignements qu'il effectue s'ajoutent des missions bien plus directes et violentes et il continue d'écrire des poèmes comme Maréchal Ducono, dans lequel il critique le pétainisme.
Le 22 février 1944, il est arrêté à son domicile en raison de son activisme politique et sera plus tard déporté à Theresieinstadt.
Après la libération des camps, et par un pur hasard d'affectation du personnel, un étudiant tchèque accompagné d'une infirmière le reconnaîtront et il sort de l'anonymat. Pourtant, il entre dans un coma au bout de trois jours et est hospitalisé à Térézin, où il décède le 8 juin 1945.

     
     
MISE EN SCÈNE
     
GABOR RASSOV


 

 

GABOR RASSOV


Auteur de théâtre

Les guerres Picrocholines d'après Rabelais mise en scène Pierre Pradinas avec Denis Lavant
La cave de l'effroi mise en scène Pierre Pradinas
La vie criminelle de Richard III d'après Shakespeare mise en scène Pierre Pradinas avec Denis Lavant
Kaïdara d'après Hampaté Ba mise en scène Lucio Mad
Néron mise en scène Pierre Pradinas avec Denis Lavant et Marie Trintignant
Les aventures du baron Sadik mise en scène Pierre Pradinas
Jacques et Mylène mise en scène Pierre Pradinas avec François Cluzet et Valérie Bonneton
Fantômas revient mise en scène Pierre Pradinas avec Romane Bohringer et David Ayala
L'Enfer d'après Dante mise en scène Pierre Pradinas avec Romane Bohringer et David Ayala
Les amis du placard mise en scène Pierre Pradinas avec Romane Bohringer et Didier Bénureau (2010)


Scénariste

Janis et John coécrit avec Samuel Benchetrit
Black coécrit avec Lucio Mad et Pierre Laffargue
C'est beau une ville la nuit coécrit avec Richard Bohringer
En chantier monsieur Tanner d'après Jean-Paul Dubois coécrit avec Stefan Liberski (2010)
Gino'story coécrit avec Samuel Benchetrit
La polyclinique de l'amour coécrit avec Artus de Penguern
La femme trophée coécrit avec François Cluzet (2010)

     
SUR SCÈNE
     
JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

 

 

 

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

Jean-Louis Trintignant a 19 ans quand il arrive à Paris et suit les cours de Charles Dullin et ceux de Tania Balachova. Il débute au théâtre au TNP à l'époque de Jean Vilar et de Gérard Philippe au début des années 50. Il joue dans de nombreuses pièces dont, entre autres, Jacques ou la soumission de Ionesco, Le Timide au palais de Tirso de Molina et, Hamlet de Shakespeare monté par Maurice Jacquemont.
Après une considérable carrière au cinéma, il revient au théâtre au milieu des années 80 et joue Deux sur la balançoire de William Gibson avec Nicole Garcia, Love letters d'Albert Gurney avec Anouk Aimée, Art de Yasmina Reza avec Pierre Vaneck et Jean Rochefort. Avec sa fille Marie Trintignant, il partage la scène pour dire les poèmes d'amour d'Apollinaire et interpréter Comédie sur un quai de gare de Samuel Benchétrit. Il présente La Valse des adieux d'Aragon accompagné par Daniel Mille à l'accordéon, puis joue Moins 2 de Samuel Benchétrit avec Roger Dumas et Le Journal de Jules Renard, spectacle dans lequel il distillait, avec deux ou trois complices, des bons mots et des réflexions tirés du journal de l'auteur de Poil de carotte.

Au cinéma, Jean-Louis Trintignant a tourné dans plus d'une centaine de long-métrages surtout en France et en Italie. On le découvre en 1956 dans le film de Roger Vadim, Et Dieu créa la femme. Il joue ensuite notamment sous la direction de Jacques Demy (Les Sept péchés capitaux en 1961), Dino Risi (Le Fanfaron en 1962), Michel Drach (La bonne occase 1964, Les Violons du bal en 1974, ...), Alain Robbe-Grillet (L'Homme qui ment 1967, ...), Nadine Trintignant (Défense de savoir 1973, ...), Jacques Deray (Un homme est mort en 1972, ...), Ettore Scola (La Terrasse en 1980), Michel Deville (Le mouton enragé en 1974, Eaux profondes en 1981), Claude Lelouch (Un homme et une femme en 1966, Le Voyou en 1970, ...), Eric Rohmer (Ma nuit chez Maud en 1969), Costa-Gavras (Z en 1969, ...), Bernardo Bertolucci (Le Conformiste en 1971), François Truffaut (Vivement dimanche ! en 1983), André Téchiné (Rendez-vous en 1985), Enki Bilal (Bunker Palace Hôtel en 1989, ...), Krzysztof Kieslowski (Trois couleurs : Rouge en 1993), Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber en 1994, Un héros très discret en 1995) et Patrice Chéreau (Ceux qui m'aiment prendront le train en 1997). Récemment, Jean-Louis Trintignant a tourné avec Michael Haneke, Amour, qui sortira prochainement.
Jean-Louis Trintignant a également réalisé deux long-métrages : Une journée bien remplie en 1972 et Le Maître-nageur en 1978.
Par ailleurs, Jean-Louis Trintignant a été coureur automobile et il est aujourd'hui producteur de vin.

     
DANIEL MILLE

 

 

 

DANIEL MILLE - Accordéon

Accordéoniste de jazz, compositeur et interprète, Daniel Mille a accompagné, à ses débuts, de nombreux artistes notamment Barbara, Claude Nougaro, Maxime Le Forestier et Maurane.
Son premier album, Sur les quais, pour lequel il remporte le Django d'or paraît en 1993, bientôt suivi par Les Heures tranquilles (1995), Le Funambule (1999), Entre chien et loup (2001) et Après la pluie (2005) qui lui vaut la Victoire jazz du meilleur artiste instrumental de l'année et le prix Gus Viseur. Son univers musical est singulier et subtil, loin du bavardage.
Dans son plus récent album, L'Attente, Daniel Mille a réuni des musiciens en totale empathie avec sa sensibilité, André Ceccarelli, Jérôme Regard, Alfio Origlio, Stéphane Belmondo et il a invité différents artistes dont Jean-Louis Trintignant.
Par ailleurs, Daniel Mille accompagne Jean-Louis Trintignant sur scène depuis plus de dix ans. Ils ont créé ensemble La Valse des adieux d'Aragon, puis un spectacle à partir des poèmes d'Apollinaire pour lequel ils ont également fait appel au violoncelliste Grégoire Korniluk, et dernièrement, Trois poètes libertaires du XXe siècle. Ces trois spectacles sont disponibles en disques dont le dernier vient tout juste de sortir.

     
GRÉGOIRE KORNILUK

 

 

 

GRÉGOIRE KORNILUK - Violoncelle

Né à Douai en 1981, Grégoire Korniluk commence très tôt à jouer de la musique. Ses études musicales, au Conservateur National de région de Douai, à l'Ecole National de Musique d'Aulnay sous Bois, au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et en cycle de perfectionnement, sont jalonnées de 1er prix à l'unanimité de violoncelle et de musique de chambre. Lauréat de plusieurs concours nationaux et internationaux, il a également suivi diverses master-classes avec, entre autres, Peter Whispelwey, Natalia Chakovskaya, Timothy Eddy et Arto Noras.
Grégoire Korniluk s'est produit en soliste dans de nombreux concerts en France, en Belgique, en République Tchèque, en Pologne et aux États-Unis, ainsi que dans divers festivals tels que Cobham, South Hadley, Cordes sur ciel et Auvers sur Oise. Il a travaillé à l'Opéra de Paris et, en tant que violoncelle solo à l'orchestre de Bordeaux et à l'orchestre de la NDR de Hambourg sous la direction du chef d'orchestre Christoph Von Dohnanyi.

En 2009/2010, Grégoire Korniluk a enseigné au Conservatoire de Lorient et a formé un duo avec le pianiste David Saudubray.

Parallèlement à sa carrière en musique classique, Grégoire Korniluk joue du métal. Il a enregistré avec Apocalyptica, et compose pour son groupe Angher, fondé en 2006.

Pour le cinéma, Grégoire Korniluk travaille régulièrement avec Armand Amar. Il a enregistré de nombreuses musiques de film, dont certaines de ses compositions (Le concert et Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu, Home de Yann Arthus-Bertrand, Indigènes de Rachid Bouchareb, Les Poupées Russes de Cédric Klapisch, Sagan de Diane Kurys,...) Depuis Le Couperet en 2005, il participe à tous les films de Costa-Gavras.

Au théâtre, on l'a vu aux côtés d'Anouk Grinberg et de Joëlle Léandre, de Marianne Faithfull lisant des sonnets de Shakespeare. Il collabore avec Daniel Mille depuis 2004 aux spectacles de Jean-Louis Trintignant, Apollinaire et Trois poètes libertaires du XXe siècle.