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Race
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  Le Figaro Magazine  
 


Race : quelque chose de DSK

Impossible de ne pas penser à l'affaire DSK en lisant Race, la pièce de l'Américain David Mamet que s'apprête à jouer Yvan Attal.

Le manuscrit de 68 pages raconte l'histoire d'un homme célèbre soupçonné d'avoir violé une jeune femme noire dans une chambre d'hôtel à New York.
«C'est un énorme concours de circonstances, explique Stéphanie Fagadau, directrice de la Comédie des Champs-Élysées où la pièce sera présentée à partir de demain.
Mais je ne l'ai pas montée par rapport à cette affaire et je n'allais pas la déprogrammer à cause de cela.»

D'autant que toute ressemblance avec des personnages ayant existé est vraiment fortuite : la pièce a été créée à l'Ethel Barrymore Theatre, à Broadway, en novembre 2009, avec James Spader dans la distribution.
« Elle a été jouée trois cents fois, bien avant l'affaire DSK», précise Pierre Laville, traducteur, metteur en scène et coproducteur avec Yvan Attal qui joue le rôle d'un avocat, un certain Jack Lawson :
«Un Américain blanc de base, ambitieux, brillant, charismatique, qui ne pense qu'à gagner de l'argent», décrit l'acteur heureux de défendre une pièce de David Mamet.

En 1994, sa compagne, Charlotte Gainsbourg, avait déjà joué une pièce de l'auteur américain, Oleanna, sous la direction de Maurice Bénichou et déjà d'après une traduction de Pierre Laville. Au fil des ans, le projet d'une pièce de David Mamet avec Yvan Attal a resurgi, «mais je n'avais pas l'âge du rôle ou je n'étais pas disponible», raconte-t-il. Race avait d'abord été programmé au Théâtre de La Madeleine avant qu'il ne change de direction.

«La coïncidence avec l'affaire DSK est très troublante, admet Pierre Laville.
J'ai reçu le texte de David Mamet en juin 2009, mais depuis, l'affaire DSK a pris d'autres proportions et a largement dépassé le cadre du Sofitel.
Dans Race, on retrouve la situation de base: un Blanc puissant accusé d'avoir eu un rapport sexuel non consenti avec une jeune femme noire, mais c'est tout.» Paranoïa et discrimination Un Blanc charismatique, Charles Strickland (interprété par Thibault de Montalembert) qui, selon le manuscrit, «a régressé et est retourné à un état primitif» avec une «fille deux fois plus jeune que lui».
Défendu par deux avocats, Jack Lawson, un Blanc (Yvan Attal) et Henry Brown, un Noir (Alex Decas).
L'accusé parle d'un «malentendu», mais a « donné de l'argent » à la victime.
«La pièce parle surtout de discrimination et de paranoïa quand on traite de différence de races et des rapports hommes-femmes, insiste Yvan Attal.
C'est aussi un thriller avec du suspense et une réflexion sur la manipulation, le mensonge et la justice.»
«Nous avons travaillé sans faire aucune allusion à DSK, précise de son côté Pierre Laville.
Le texte est porté par une grande force d'écriture.
Il n'est ni démagogique, ni intellectuel, il veut juste séduire et étonner.»

Par Nathalie Simon - LE FIGARO
publié le 23/01/2012