Retour à la pièce
  Extraits de presse
  Fiche technique
TROIS POÈTES LIBERTAIRES DU XXe SIÈCLE
TROIS POÈTES LIBERTAIRES DU XXe SIÈCLE
extraits de presse

     
  Le Figaro  
 


Les mots et la musique se répondent sur le ton de la confidence. Jean-Louis Trintignant dit les poèmes de ces âmes rétives que furent Jacques Prévert, Boris Vian, Robert Desnos. Il les a choisis. Il les sait par coeur et en distille les sucs avec une science si profonde de la musique, des soupirs, des silences qu'il est tel un instrumentiste, au côté de deux garçons magnifiques, Grégoire Korniluk au violoncelle, Daniel Mille, auteur de la partition délicate, à l'accordéon. C'est doux et tendre, sans mièvrerie aucune. C'est cruel souvent et vénéneux comme l'amour, la guerre, les disparitions. Les passages d'un poète à l'autre se font par associations et ruptures. Poèmes connus et chers, oeuvres rares. Un concert d'une perfection si grande qu'à la fin le public est debout, saluant les artistes, graves et reconnaissants.

Armelle Héliot
LE FIGARO - 10 octobre 2010


 
     
 
     
  Le Point  
 


Le voyage en poésie de Jean-Louis Trintignant

Assis sur un haut tabouret, sourire doux, il se tient les mains, regarde ses chaussures. On croirait un gosse timide qui va réciter une poésie...
Jean-Louis Trintignant a l'esprit et le c½ur pleins de poèmes, mais il ne les récite pas. Il raconte des histoires.
Jacques Prévert, Boris Vian, Robert Desnos, l'acteur a pioché dans leur immense répertoire une trentaine de textes, qui courent des années 1930 aux années 1950. Qui disent l'amour de la vie et la douleur de la mort, la souffrance de perdre un être aimé et l'atrocité de la guerre, mais aussi l'amour et la légèreté. Prévert est bon enfant, Vian noceur en diable, Desnos plus sombre et son destin sera tragique...
Ce qui les relie, une soif de liberté, un appétit de vivre qui leur fait tout ensemble adorer les femmes et détester l'injustice, clamer leur colère ou se marrer franchement. Drôles et pleins de fantaisie, Adrienne (Prévert) et L'Eléphant qui n'a qu'une patte (Desnos), poignants, Le Déserteur (Vian), Etranges Etrangers (Prévert, 1955) et La Rue Saint-Martin (Desnos), ces poèmes, joliment tricotés, émeuvent et remuent.
Parfois, les mots laissent la place aux notes, délicates, mélancoliques de Grégoire Korniluk (violoncelle) et Daniel Mille (accordéon). Jeux de mots ou d'images, fables joyeuses ou chants profonds, leur monde est peuplé de drôles d'oiseaux et de fantômes, de résistants et de combattants, d'amoureux fous et d'amis fidèles. Jean-Louis Trintignant nous y embarque avec tendresse et bonheur. Un petit bijoux.

Nedjma Van Egmonde.
Le Point.fr