Extraits de presse
  Conditions techniques
Caligula
Caligula
 
DISTRIBUTION
PARISIENNE


Auteur :
Albert Camus

Mise en scène :
Stéphane Olivié Bisson

Avec :
Bruno Putzulu : Caligula
Suite de la distribution en cours...

Scénographie:
Georges Vafias

Lumières :
Lauriano de La Rosa

Costumes :
Rose Marie Melka

Musique :
Jean-Marie Sénia

Coproduction :
l'Avant-Seine
Théâtre de Colombes,
Compagnie Lamberto Maggiorani
avec la collaboration de
la Comédie de Picardie,
avec l'aide à la production
et à la diffusion d'Arcadi
et le soutien du FIJAD,
de la SPEDIDAM et de l'ENSATT

coréalisation :
Athénée Théâtre Louis-Jouvet

 

Auteur : Albert Camus


NOTE D'INTENTION

le Caligula de Camus
« Le 26 septembre 1945, dans un Paris fraîchement libéré, Caligula, la pièce que Camus avait rêvé de monter à Alger, triomphe sur la scène du Théâtre Hébertot avec Gérard Philipe dans le rôle titre en Hamlet romain. Ce fut alors comme un coup de fouet sur la vie théâtrale parisienne qui avait tendance à s'endormir.
Caligula met en scène un homme investi du pouvoir suprême, aux frontières troubles de la divinité, qui s'acharne à vouloir atteindre l'absolu, convaincu de pouvoir l'approcher. Son intelligence est aussi aiguë et dispersée que ses propos sont sans retenue. Caligula condamne coupables et innocents indistinctement, une sorte de Nietzsche barbare.
C'est une pièce de théâtre impossible racontant le dialogue d'un seul au-dessus du vide, n'écoutant et n'entendant rien autour. Il se donne à lui-même la réplique comme pour accélérer sa vitesse et apercevoir sa fin comme une libération.
Caligula peut être aussi vu comme le drame du premier esprit libre de l'histoire du monde : il est allé au-delà du bien et du mal. Dans son monde il n'y a pas d'actions morales et il trouve cela parfaitement beau. Albert Camus, écrivain nobélisé, consacré et souvent aseptisé par les manuels est un dangereux classique. À la manière de son Caligula se heurtant aux sénateurs, il dénonçait la malveillance des intellectuels parisiens et prônait, pour se venger d'eux, d'être heureux avec furie. Il écrit Caligula à partir de 1938 à Alger avec l'intention d'y interpréter le rôle principal. Il remanie la pièce pendant la guerre, la retouche après les premières représentations de 1945 puis à nouveau en 1957 et 1958. Par ces opérations successives il polit sa première intention. La guerre, le nazisme et ses conséquences universelles l'ont amené à revenir sur son premier geste, plus intuitif, plus instinctif, plus ambigu et plus extrême. À trop amender sa pièce pour prendre ses distances avec son héros, Camus a éteint une poétique première que j'ai envie de retrouver. Voilà ce qui me conduit à choisir la version initiale de ce texte qui n'est d'ailleurs que très rarement montée.
« Pièce d'acteur et de metteur en scène - écrit-il - je cherche en vain la philosophie dans ces quatre actes ». D'autres l'ont trouvée pour lui mais Caligula offre, il me semble, un message assez ambigu pour qu'on lui épargne la vilaine étiquette de pièce à thèse. L'humour ravageur de Camus et de son empereur, son charme, sa gaieté, sa délectation à choquer les gens respectables, son goût pour la bouffonnerie et une certaine forme de cabaret entraînent et ébranlent les certitudes dramaturgiques et la pesanteur philosophique qu'on est tenté de prêter à la pièce. La destinée de Caligula a inspiré à Alexandre Dumas une tragédie et à Camus un sommet d'ironie cruelle.
Passionné dès l'enfance d'histoire romaine et fasciné par La Vie des douze Césars de Suétone narrant les excès et les secousses des règnes du 1er siècle après Jésus-Christ, j'y trouvai une furia violenta sensuelle et troublante qu'incarnait encore plus parfaitement la figure égarée de Caligula, à la manière d'un enfant précipité dans le siècle le plus vénéneux de l'histoire. En feuilletant ces pages antiques je découvrais tout un théâtre en place où tous les instincts qui gouvernent souterrainement l'homme étaient à nu, où leur commerce se faisait librement à ciel ouvert. C'est bien ce qui, originellement, a fait naître en moi le désir d'un tel spectacle. Un moment où l'on peut se permettre de tout dire, de débarrasser les intentions les plus noires du fatras hypocrite de la bienséance.
À ce titre le personnage de Caligula est un prodigieux accélérateur de particules, un révélateur savoureusement dangereux. »

Stéphane Olivié Bisson

 
     
 
AUTEUR
     
Stephane-Olivie-Bisson


 

 

Albert Camus (1913-1960)

Albert Camus ne connaît pas son père et passe son enfance avec sa mère en Algérie. Sa santé - il souffre de la tuberculose - ne lui permet pas d'accéder à une carrière universitaire.
Après une licence de philosophie, il devient journaliste engagé (parti communiste et Alger-Républicain), puis est résistant. D'une courte adhésion au Parti Communiste, il retire une méfiance de l'endoctrinement et la certitude que la stratégie politique ne doit jamais prendre le pas sur la morale.
En 1943, il rencontre Jean-Paul Sartre et travaille au journal Combat. Albert Camus élabore une philosophie existentialiste de l'absurde résultant du constat de l'absence de Dieu et de sens à la vie. La prise de conscience de cette absurdité doit être considérée comme une victoire de la lucidité sur le nihilisme qui permet de mieux assumer l'existence en vivant dans le réel pour conquérir sa liberté. L'homme peut ainsi dépasser cette absurdité par la révolte contre sa condition et contre l'injustice.
L'auteur de La Chute se tourne vers un humanisme sceptique et lucide pour lequel il convient avant tout d'être juste.
Il est Prix Nobel de littérature en 1957 et meurt dans un accident de voiture.

     
 
MISE EN SCÈNE
     
Stephane-Olivie-Bisson


 

 

Stéphane Olivié Bisson

Après des études théâtrales à l'Université Paris III puis à l'ENSATT rue Blanche à Paris, Stéphane Olivié Bisson commence son apprentissage par un stage à la mise en scène à Lille au Théâtre de La Métaphore aux côtés de Daniel Mesguich. Il réalise sa première mise en scène,
Costa Dorada, en 1994 à la Manufacture des Œillets à Ivry-sur-Seine. Costa Dorada est un travail qui met en regard l'œuvre poétique et le journal de Jacques Prevel et la correspondance d'Antonin Artaud. Suit la longue aventure Quatre Heures à Chatila de Jean Genet qui le mène de l'Institut du Monde Arabe à Paris jusqu'aux théâtres de Beyrouth, d'Amman en Jordanie ou de Jérusalem. En 2000, il monte Sarcelles-sur-Mer, une pièce écrite par son père, Jean-Pierre Bisson, au Théâtre de La Tempête à La Cartoucherie puis en tournée. Il se consacre ensuite plus largement au travail d'acteur sous la direction notamment de Magali Léris dans Littoral, Joël Dragutin dans Grande Vacance, Stéphane Fievet dans Laisse-moi te dire une chose de Rémy De Vos, Marc Lesage pour son texte Un bon moment de solitude ou encore Nietzsche, Wagner et autres cruautés. Auteur et réalisateur de films documentaires il s'apprête à réaliser son premier long-métrage La Dernière Image, d'après un scénario dont il est l'auteur.

     
 
SUR SCÈNE
     
Bruno Putzulu


 

 

Bruno Putzulu

Bruno Putzulu entre au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique en 1990, puis à la Comédie-Française de 1994 à 2003. Il est engagé au cinéma par Jean-Luc Godard, Bertrand Tavernier, Jacques Audiard, Jean-Charles Tacchella, François Dupeyron, Michel Boujenah, Stéphane Giusti, Jean- François Richet ou encore James Ivory.

Au théâtre, Bruno Putzulu joue sous la direction de Philippe Adrien, Catherine Hiegel, Frédéric Bélier-Garcia, Antoine Vitez, Alain Françon, Roger Planchon, Jean- Louis Benoît, Georges Lavaudant, Jean-Pierre Miquel ou Jacques Lassalle.