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Le journal d'Anne Frank
Le journal d'Anne Frank
extraits de presse

     
  Le Figaro Magazine  
 


L'Histoire et les histoires

Eric-Emmanuel Schmitt donne vie et chair à Anne Frank

La barbarie de l'Histoire a fait d'Anne Frank un ange des temps modernes, un symbole de pureté et d'innocence en rachat des crimes dont elle fut la victime exemplaire.
C'est son
Journal qui a transformé en mythe son destin tragique. Il est devenu un objet-culte diffusé par dizaines de millions d'exemplaires dans le monde.
Ce
Journal est un chant d'une tendresse infinie, un chant venu de l'âme d'Anne Frank. Une voix intérieure et secrète qui livre le regard sur le monde d'une adolescente particulièrement douée dans des circonstances exceptionnellement dramatiques. La nouveauté de l'adaptation théâtrale que nous propose Eric-Emmanuel Schmitt tient dans le renversement des points de vue. Ce n'est plus Anne Frank, en effet, qui regarde ici le monde, c'est nous qui la regardons regarder le monde.

Nous à travers les yeux et le c½ur de son père. Ainsi le permet le théâtre. Schmitt inscrit la personne d'Anne Frank dans son milieu. Partant du Journal dont il ne retient que des extraits parmi les plus signifiants, ou les plus émouvants ou les plus drôles, il imagine, sur le mode d'un réalisme à la Grumberg, des scènes de la vie clandestine que vécut durant plusieurs mois la jeune fille entourée des siens. Ainsi donne-t -il à Anne Frank vie et chair. Elle prend corps sous nos yeux, avec ses forces et ses faiblesses, ses caprices et ses fantasmes. Sa réalité. Le mythe aurait pu en souffrir. Mais il est trop fort et trop beau pour être atteint. Et la jeune actrice Roxane Duran, qu'on avait découverte dans Le Ruban blanc d'Haneke, trop sensible, trop vraie pour trahir Anne Frank. Francis Huster marque d'une gravité douloureuse cette cérémonie, autour d'une dizaine d'acteurs que dirige avec autorité Steve Suissa.

Philippe Tesson


 
     
 
     
  Le Croix  
 


Anne Frank retrouvée


La dernière pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt, à partir du « Journal d'Anne Frank » , met en valeur l'affection admirative d'une fille pour son père. Et vice versa.


Sur le quai de la gare d'Amsterdam, fin 1945, Otto Frank (Francis Huster, bouleversant de justesse), revenu des camps, espère le retour de ses deux filles... Jusqu'au jour où on lui apprend que Margot et Anne sont mortes du typhus dans le camp de Bergen-Belsen. Sa fidèle secrétaire, Miep Gies, lui donne alors le journal intime d'Anne qu'elle avait récupéré dans l'Annexe, après l'arrestation des Frank. Le père l'ouvre, commence à le lire... et découvre avec stupeur qu'il ne connaissait pas vraiment sa fille.

« Quiconque lira le journal de ma fille sentira la bêtise du racisme et luttera contre l'intolérance », dira Otto après avoir refermé le journal de sa fille, persuadé qu'avec ce document, Anne a laissé « une arme insolite mais terriblement efficace parce qu'elle est douce, humaine et rayonnante » .
C'est cette victoire d'Anne Frank sur Hitler, de la vie sur la mort, qu'Éric-Emmanuel Schmitt et Steve Suissa ont formidablement su montrer.

LA SOLITUDE ÉMUE D'UN PÈRE ET LE QUOTIDIEN DE NEUF PERSONNES

En adoptant le point de vue d'Otto Frank, à la fois douloureux de savoir sa fille définitivement disparue et bouleversé de la reconnaître si vivante, si intense, si mûre. Et en permettant au spectateur, par d'habiles flash-back, intelligemment mis en scène par Steve Suissa, de suivre tour à tour la solitude émue d'Otto et le quotidien de neuf personnes si différentes - les quatre Frank, les trois Van Pels et le dentiste Fritz Pfeffer - dans le grenier exigu et confiné de l'entreprise paternelle.

Car l'adolescente (Roxana Durán, parfaitement crédible), avec le talent, l'humour et le sens de l'observation que l'on sait, raconte non seulement ses deux années de clandestinité, du 12 juin 1942 au 1er août 1944, mais confie aussi à son journal sa sexualité naissante, son amour inconditionnel pour son père, ses mauvaises relations avec sa mère, ses rêves d'écrivain...

« Je veux que mon nom d'écrivain perdure dans l'éternité »,
prophétisera Anne Frank devant son père au moment de quitter le camp de regroupement et de transit de Westerbork (Pays-Bas). Une promesse qu'Otto Frank réalisera en faisant publier le Journal de sa fille dès 1947 à Amsterdam, puis en permettant qu'il soit vendu à plus de 25 millions d'exemplaires et traduit dans plus de 70 langues. Nul doute que cette pièce, bouleversante et vraie comme son héroïne, contribuera à étendre encore plus le rayonnement et la mémoire d'Anne Frank.


 
     
 
     
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Le journal d'Anne Frank


5 octobre 2012

Le théâtre Rive Gauche, sous la houlette d'Eric-Emmanuel Schmitt, nous présente actuellement une adaptation du Journal d'Anne Frank. Mis en scène de façon magistrale par Steve Suissa, cette pièce émouvante nous plonge dans l'univers quotidien d'Anne Frank durant la dernière guerre. Francis Huster, entouré de comédiens talentueux, nous fait revivre cette page d'histoire avec sobriété, parfois également avec humour et émotion mais sans jamais céder au « pathos ». Ce spectacle magnifique nous transporte tant l'émotion nous dévaste et nous submerge.

Otto Frank, revenu des camps, fait les cent pas sur le quai de la gare d'Amsterdam guettant le retour de ses filles, Margot et Anne. Soudain, on lui annonce que ses filles ne reviendront pas. Terrassé de chagrin, il ne peut ouvrir le journal d'Anna. Mais la fatalité est trop dure et la tristesse trop forte pour qu'il ne lise ce journal afin de revivre ces moments de vie avec Anne.

Grâce à une mise en scène très fluide, Otto Frank alias Francis Huster, passe du présent au passé et inversement dans une continuité parfaite avec le fil de l'histoire. La scénographie de la cache des Frank est très soignée. Tout est fait pour que le spectateur soit au c½ur de cette bouleversante histoire.

Roxane Duran est magnifique dans le rôle d'Anne Frank, cet enfant de treize ans à la maturité si grande pour son âge et dont son fidèle journal en est le témoin. Cette comédienne qui fait ses premiers pas sur scène est juste bouleversante de naturelle et de fantaisie. Anne Frank était là sous nos yeux ! Francis Huster, juste et sobre nous émeut tout simplement par sa simplicité. Charlotte Kady (Madame Van Pels) est incroyable dans un rôle de femme excentrique qui agace son monde.

Accompagné en musique par Benny Goodman et Irving Berlin, ce spectacle par sa connotation musicale nous réinstalle dans un passé insouciant d'avant-guerre. L'optimisme d'Anne Frank surnage malgré les événements. Sa foi de réussir sa vie est inébranlable. Elle sera écrivain. Tant de pureté et de maturité sont rendues avec finesse et force. On se prend au fil de la pièce, malgré notre connaissance de cette tragédie, à espérer une issue différente favorable tant cette ½uvre nous est restituée avec émotion et sincérité.

Laurent Schteiner