Image Pièces Fauteuils de théâtre
   
 
   
   
Affiche pièce King Kong
PRESSE
  King Kong Theory
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Le percutant discours de Virginie Despentes sur la condition féminine…

En 2006, l’auteure de “Baise-moi“ publiait “King Kong Théorie“, puissant essai autobiographique pour le moins cash, dressant un état des lieux certes subjectif mais édifiant de l’“égalité“ des sexes à notre époque, dénonçant une soumission persistante (et admise comme telle) de la gent féminine à la masculine, appelant, enjoignant les uns et les autres à s’extraire du schéma binaire et stéréotypé dans lequel la société les contraint d’évoluer pour revendiquer la liberté d’afficher une identité plus complexe, plus nuancée. Différente. En 2014, trois actrices portent avec conviction cette parole plus que jamais pertinente et d’actualité, dans une mise en scène de Vanessa Larré, punchy, sans détour, aussi brute que la partition, riche d’images choc, ne cherchant pas à enjoliver, adoucir ou esthétiser la prose et le propos de l’écrivain. Après une réjouissante “Chambre Froide“ (à voir sans faute), cette seconde proposition de la rentrée 100% féminine de la Pépinière Théâtre se révèle non seulement réussie, mais à nos yeux nécessaire, voire salutaire.

Affrontant le public les yeux dans les yeux, Anne Azoulay, Valérie de Dietrich, et Barbara Shulz. Trois natures, trois voix qui se relaient, se complètent. Intenses, insolentes, provocantes, dérangeantes, déstabilisantes, émouvantes, courageuses, pour faire entendre un témoignage.
Témoignage ciment des réflexions et démonstrations développées concomitamment, jusqu’à la fameuse “King Kong Théorie“ que nous vous laisserons découvrir. Rejet du modèle de la mère de famille parfaite, de la working girl réussissant mais pas trop (histoire de ne pas faire d’ombre à son mari), de la femme forcément séduisante et séductrice. Bilan sans concession de la révolution féministe des années 70?s. Evocation d’une sexualité ultra-active, assumée, sans tabou. Récit d’un viol. De la reconstruction. Prostitution. prostituées. Pornographie. Pornographes.
Décryptage de la violence. Remise en cause également du modèle masculin…
Voilà qui a le mérite d’ébranler un certain nombre de nos certitudes et d’ouvrir le débat.
Sans oublier de faire théâtre. Du théâtre utile. Du théâtre porteur de sens.
Allez-y !

 
Le JDD

Dans son essai paru en 2006, Virginie Despentes appréhendait de front la sexualité féminine, à partir de son expérience personnelle : viol, prostitution, pornographie… Pourquoi King Kong? "Parce qu’il est la métaphore d’une sexualité d’avant la distinction des genres." Où en sommes-nous? Quelle est la place des femmes aujourd’hui dans un monde d’hommes? demandent Valérie de Dietrich et Vanessa Larré, adaptatrices du texte. Sur scène, dansun vestiaire de travail, elles sont trois à porter la parole de Despentes, se relayant ou en choeur, trois forces vaillantes qui n’ont ni peur des mots ni froid aux yeux, affirment et dénoncent les violences, les inégalités, les peurs, les hypocrisies de la société…


Pourquoi les femmes n’osent-elles pas se défendre? Où commence la prostitution? Les questions se bousculent, les images interpellent. Le texte passe allègrement la rampe, emporté par la mise en scène habile, inventive et dynamique de Vanessa Larré. Il est porté, investi par trois belles et audacieuses comédiennes qui jouent de tout leur corps, avec hardiesse et humour souvent, font passer les brutalités du texte, sa crudité parfois, ses éclairs et ses outrances avec une certaine classe : Anne Azoulay, Valérie de Dietrich, Barbara Schulz, sans complexes, en vrais féministes. Car "être complexée, voilà qui est féminin", et d’énoncer la liste de ce qui fait la féminité, en opposition aux composantes de la virilité. Même pas faux. Succès assuré dans la salle.
   
 
LES ÉCHOS
 

Women’s lib à la Pépinière Théâtre

Adaptation périlleuse, mais réussie du livre de Virgine Despentes « King Kong Théorie », à la Pépinière Opéra. Un beau trio de comédiennes porte le texte féministe iconoclaste et dérangeant de l’écrivaine.

Drôle d’idée de porter à la scène le texte explosif de Virginie Despentes « King Kong Théorie ». Essai auto-biographique, ce texte iconoclaste ayant pour ambition de repenser/révolutionner le féminisme n’est pas a priori un objet de théâtre. Mais le théâtre peut tout, quand il est bien pensé. La metteuse en scène Vanessa Larré a réalisé un montage clair et concis du livre (en 1H15 chrono), qu’elle a confié à trois excellentes comédiennes : Anne Azoulay, Valérie De Dietrich et Barbara Schulz. Sur la petite scène du théâtre de la Pépinière, le trio vent debout, interpelle le public sans forcer la voix, lui fait partager, un destin, une pensée – une joie et une souffrance d’être femme. Une femme différente, loin de la séductrice ou de la ménagère... ou même de la féministe politiquement correcte.

Le viol, la prostitution, la pornographie et le film « King kong » constituent les quatre thèmes saillants de la pièce. Les trois femme se relaient pour dire avec leur personnalité - Valérie De Dietrich la plus tranchante, Barbara Schulz la plus douloureuse, Anne Azoulay la plus rock & Roll – le rapport ambigu au corps, le machisme désespérant des hommes, l’aliénation des femmes. Chez Virginie Despentes ce n’est pas le sexe qui est sale bien entendu, mais la violence, l’humiliation, l’inégalité des conditions.

Provocant sans être trivial
Dans un décor de vestiaire (pour dames) animé de projections et meublé de quelques accessoires (dont des « jouets sexuels ») les trois actrices se déshabillent et se rhabillent, changent d’oripeaux, portent la peine et la rage de toutes les femmes blessées. Est-ce l’effet du montage, ou du temps qui passe (l’ouvrage date de 2006) ? Peu de mots choquent vraiment – ils troublent, font « penser »... en questionnant au final autant les hommes que les femmes. Surtout au moment clé où est évoquée – images détournées du film à l’appui – la « King Kong Théorie » , utopie-rêve d’un monde ou les deux sexes seraient débarrassés des rapports de domination/soumission. Jusqu’à cet appel final à la gente virile, pour l’inciter à rattraper son retard sur les femmes et à faire elle aussi sa révolution.
« King Kong Théorie » dit des choses fortes sans lourdeur, grâce à la présence subtile des comédiennes. Le spectacle est provocant, sans être trivial. Il est d’actualité à un moment où une partie de la société se raidit sur tous les sujets de société, y compris l’émancipation des femmes. Le public très majoritairement féminin applaudit debout à la fin. Les hommes présents, plus discrets, ont l’air secoué, mais plutôt conquis.

Philippe Chevilley

 
   
 
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