Image Pièces Fauteuils de théâtre
   
 
   
   
Affiche pièce Le Poisson Belge
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  Le Poisson Belge
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Le poisson belge : l’enfance au corps

Dans la dernière pièce de Léonore Confino, Marc Lavoine fait des débuts sur scène très convaincants, et prometteurs.


Passons sur les noms des personnages - Petite fille et Grande monsieur -, inutiles, artificiels, et heureusement vite oubliés. Donc sur scène, un homme, boucles d’oreille ostensiblement arborées, et une petite fille, entre enfance et adolescence, sont assis sur un banc. Plus tard, elle est chez lui, s’incruste, l’agace, lui tente de s’en débarrasser. En vain. Tous deux portent le même prénom…
Et si elle était la résurgence d’une partie enfouie de lui-même ? Il faut en effet mettre de côté, à la suite des noms des personnages, la conventionnelle opposition de deux caractères puis l’apprivoisement, et voir cette rencontre comme celle de deux êtres empêchés, qui n’ont pas le droit à la différence. Ou encore imaginer que ces deux-là ne sont qu’un seul.
C’est en filigrane, le sous texte du Poisson belge (1), la dernière pièce de Léonore Confino (auteur de Ring, Building).
L’enfant serait toujours présent en chacun. Et pour certains, la cohabitation est singulière. De prime abord, l’onirisme n’apparaît pas dans la mise en scène de Catherine Schaub, il s’infiltre peu à peu. Le texte, qui n’évite pas certaines facilités, glisse vers l’étrangeté, questionne l’identité, et se teinte de mystère. Il doit beaucoup à l’interprétation solide et fine, engagée, de Géraldine Martineau, lutin tendre et malicieux, et de Marc Lavoine, grave, nuancé, tourmenté, dont la présence profonde habite la scène.


(1) Actes Sud-Papiers.


Annie Chenieux

 
Les Echos.fr

« Le Poisson Belge » de Léonore Confino marque la rentrée théâtrale : le chanteur Marc Lavoine y fait ses premiers pas sur les planches. La pièce est une belle réussite, grâce à sa présence et au talent de sa partenaire, Géraldine Martineau


Petite Fille (Géraldine Martineau) et Grande Monsieur (Marc Lavoine) partagent le même banc un soir d’automne. La première fuit ses parents pour tenter d’attirer leur attention. Elle fait croire à Grande Monsieur, qui vient de se faire poser un lapin, que ses géniteurs sont en train de l’abandonner, là, maintenant, à la minute où elle lui parle. Elle parvient même à convaincre Grande Monsieur qu’il faut désormais s’occuper d’elle. Ce serait si monstrueux de ne pas la prendre en pension ! Ne serait-ce que pour le week-end !
De ces deux personnages que tout semble opposer, Léonore Confino concilie les contraires à travers une pièce profondément absurde et sensible. Grande Monsieur est une créature féminine dans un corps d’homme. Petite Fille est un vieux sage à l’apparence d’un enfant-poisson : lorsque la vie l’étouffe, elle plonge dans la première baignoire venue et respire grâce à ses branchies. Pendant le week-end, elle apprendra que ses parents sont morts dans un accident de voiture –ce qu’elle ne vivra pas comme un désastre, contrairement à son hôte. Comment Grande Monsieur va-t-il faire pour l’adopter ? Lui qui semble avoir toujours haï les enfants et qui chérit tant sa solitude, naviguant entre son spa et son ordinateur, où il tchate avec d’autres passionnés de pratiques sexuelles extrêmes...


Prise de risque payante

Malgré des airs dramatiques, la pièce fait se succéder les situations drôles et loufoques. Léonore Confino ne nous emmène jamais où on l’attend. Avec «?Le Poisson Belge?», elle fait oublier le flop provoqué par sa dernière création, «?Les Uns sur les Autres?» avec Agnès Jaoui. Cette fois-ci, Marc Lavoine, dont se sont les premiers pas au théâtre, tient le haut de l’affiche. Si le chanteur a su faire reconnaître ses talents d’acteur au cinéma, il était attendu sur les planches. Le pari est réussi. Lavoine nous marque par sa simplicité et l’évidente sincérité avec laquelle il joue Grande Monsieur, un personnage loin des clichés dans lesquels le chanteur aurait pu sombrer pour un premier rôle. Ici, il compose un personnage à mille lieues de l’image publique qu’il incarne. Il prend des risques, et c’est payant.
On est aussi marqué par le plaisir qu’il éprouve à jouer avec sa partenaire, le talentueuse Géraldine Martineau. Tous les ingrédients sont réunis afin de mettre en valeur celle qui n’est pas connue du grand public, mais appréciée déjà par les amateurs de théâtre et dont le génie brille ici de mille feux. Les mots semblent avoir été écrits pour elles, la mise en scène de Catherine Schaub laisse pleinement libre cours à sa folle fantaisie, marquant les contrastes hallucinants entre la maturité de son personnage et son apparence juvénile. Géraldine Martineau est «? Le Poisson Belge?». Au moment des saluts, Marc Lavoine ne s’y trompe pas et marque son retrait, élégant hommage à la jeune comédienne, sous les vivats du public

Hadrien Volle

   
 
Telerama Sortir

Le Poisson belge


On aime beaucoup


Littéralement, la rencontre accidentelle d'un travesti et d'une jeune orpheline, l'union inattendue de ces deux solitudes torturées devenant synonyme de force d'entraide. Mais c'est peut-être plus compliqué que ça... Encore prosaïque dans Ring, l'écriture de la jeune Léonore Confino (34 ans) est aujourd'hui plus allusive pour dire à demi-mot, comme dans Les Uns sur les autres, de douloureux secrets de famille. S'il subsiste encore quelques clichés, ceux-ci sont largement compensés par la puissance de l'interprétation : Marc Lavoine est bien, mais c'est surtout Géraldine Martineau qui domine le spectacle. Elle incarne avec une intensité émotionnelle stupéfiante et une invention constante cette drôle de fille-poisson déchirée et déchirante. Une prestation de haut vol.

Aurélien Ferenczi
   
 
Le figaro.fr

THÉÂTRE Le chanteur et comédien trouve en Géraldine Martineau la partenaire idéale pour jouer «Le Poisson belge» de Léonore Confino.

ARMELLE HELIOT leliotcilellgaro.lr blog.leflgaro.fr/theatre

Léonore Confino possède indéninblement une personnalité attachante. Enfant comédienne, elle a étudié le cinéma, s’est formée à l’improvisation au Canada et, revenue en France, a écrit quelques pièces. Ring, Building, Les Uns sur les autres, qui ont été plutôt bien accueillies. Avec Catherine Schaub, qui en signe les mises en scène, elle anime une compagnie sise à Poissy et ne néglige pas le terrain. Cette saison, elle est à l’affiche de la Pépinière Théâtre, un de ces lieux où l’on irait les yeux fermés tant la programmation est intéressante. Le grand Marc Lavoine s’aventure sur le petit plateau accueillant pour créer la nouvelle pièce de Léonore Confino, Le Poisson belge. Catherine Schaub le dirige et lui offre le meilleur appui qu’il puisse réver : une partenaire en or.

La pièce, que nous avions lue avant de découvrir le spectacle, n’est pas sans charme. Avouons-le, on a pourtant du mal avec le nom des personnages : Grande monsieur (c’est Marc Lavoine) et Petit fille (Géraldine Martineau). On a du mal â comprendre immédiatement l’identité de cet homme qui porte des boucles d’oreilles et de cette petite fille qui aurait des branchies... Ils se rencontrent sur un banc. Elle le suit. Elle est collante cornme de la glu, mais sa détresse respiratoire touche Grande monsieur. Lui aussi connaît la détresse. Celle du cœur, celle de l’identité. Une détresse plus secrète, plus sourdement enfouie au plus profond de lui.

Sens des silences et des mots simples

Qu’est-ce qui fait que ces deux-là sont comme le miroir l’un de l’autre ? Ah! On ne vous dévoilera pas le nœud de l’habile histoire : le plaisir de la représentation tient au dévoilement progressif des énigmes, à la résolution des mystères. Le plaisir tient surtout au face-à-face, dans un joli décor simple et léger que les lumières animent, de deux artistes fins et nuancés, aux voix bien placées, deux artistes qui ont le sens des silences, de la musique des mots simples.
Marc lavoine, qui n’a plus à prouver qu’il est un comédien sensible, impose en touches subtiles cet être qui doit larguer son enfance. Il a de la chance de jouer avec Géraldine Martineau (qui s’est cruellement blessée avec l'aquarium, à la fin des répétitions). Elle a l’air d’une enfant. Mais elle possède la maîtrise de sa petite trentaine. Un art délicat, une présence, une grâce. Un joli moment de théâtre.

Texte publie par Actes Sud-Papiers. Marc Lavoine et Géraldine Martineau dans Le Poisson belge
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ÉRIC DESSONS/JDD/SIPA
   
 
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MERVEILLEUX BONHEURS DU JEU

TRÈS BIEN MISE EN SCÈNE, LA NOUVELLE PIÈCE DE LÉONORE CONFINO, «LE POISSON BELGE», MET EN LUMIÈRE LE TALENT DES DEUX INTERPRÈTES DANS UN MONDE UN PEU ARTIFICIEL.

PAR JEAN-LUC JEENER

Étrange pièce. Léonore Confino comme Pierre Notte sont des écrivains qui comptent aujourd’hui. Et leur talent, leur intelligence, leur connaissance du monde et des hommes ne sont pas en cause, mais il y a quelque chose de volontaire, de fabriqué dans leur écriture qui empêche toute véritable empathie avec leurs personnages. Ainsi de cette nouvelle pièce qui met en confrontation une petite fille abandonnée et un homme qui a un problème avec son identité sexuelle.
Si on cherche au théâtre de la psychologie, de la cohérence, une histoire linéaire et qui se tient, la Pépinière est un endroit qu’il faut fuir â tout prix.
Si, en revanche, on est sensible à un impressionnisme de sentiments, à des fulgurances, à des émotions brutes, à des bons mots, ce spectacle vous tend les bras. D’autant qu’il est parfaitement mis en scène par Catherine Schaub, qui connaît très bien ce type d’univers, et que Marc Lavoine, comédien, a beaucoup de charme et de présence. On peut même dire, à quelques petites raideurs près, qu’il est très bien.
Mais le bonheur, la révélation, sans lui faire injure, c’est sa partenaire. Géraldine Martineau est vraiment extraordinaire. Vive, subtile, malicieuse, toujours juste, toujours présente, elle passe d’un sentiment à l’autre avec une dextérité de grande professionnelle.

   
   
 
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