Image Pièces Fauteuils de théâtre
   
 
   
   
Affiche pièce Anna Christie
PRESSE
  PYRÉNÉES Ou le voyage de l’été 1843
Figaro scope
L'OBS
Télérama
 
 
 
 
   
Figaro scope
 
 

mercredi 14 septembre 2016
Par Armelle Héliot


VICTOR HUGO MAÎTRE DE PROUST

Mis en scène par Sylvie Blotnikas qui signe l’adaptation. Julien Rochefort fait revivre le poète lors de son voyage dans les Pyrénées. Un texte magnifique dans lequel l’écrivain retrouve ses impressions d’enfance.
Hugo est un maître, un écrivain dont on ne se lasse pas de relire les romans, les poèmes, d’admirer les encres, les dessins. Ne ratez pas les expositions qui lui sont consacrées ces temps-ci, notamment dans sa maison de la place des Vosges.
Hugo est un maître, un géant dont on ne se lasse pas d’entendre la voix. Julien Rochefort aime passionnément ce génie, engagé, entier, complexe, subtil. Un homme extraordinaire. Il rêvait depuis longtemps de faire entendre ce texte très particulier, d’une beauté magistrale, un texte que, si vous ne le connaissez pas, vous découvrirez avec émotion et dont on ne vous révèlera pas ici le dénouement.
A l’été 1843, Hugo doit se rendre à Cauterets pour prendre les eaux et soigner son arthrose. Il part seul. Sa fille Léopoldine est mariée et vit en Normandie. Sa femme et ses autres enfants sont à Paris. Il ne les oublie pas. Leur écrit. Récupère leurs courriers poste restante. Hugo, après la malle-poste et la diligence, monte à cheval ou va à pied dans la montagne. Ses descriptions sont d’une beauté bouleversante. L’humain le passionne. Il s’aventure. Il retrouve des villes par lesquelles il est passé, enfant, lorsque toute la famille était allée jusqu’à Madrid, rejoindre le général Hugo. Vous serez sidéré par la manière dont il analyse les impressions, les paysages, les détails qu’il retrouve… C’est avant Proust, les miracles de la mémoire… L’adaptation est bonne, la direction sobre, l’interprète sensible et profond. Un merveilleux moment de haute littérature, non sans couleur tragique.

A.H.



 
L’OBS
15 au 21 septembre 2016

Victor Hugo foudroyé
Pyrénées, d’après Victor Hugo. Jusqu’au 8 Octobre, 19 heures, Lucernaire, Paris-6e, 01-45-44-57-34.

Au cours de l’été 1843, Victor Hugo entreprend un « Voyage vers les Pyrénées ». Il emporte Juliette Drouet dans ses bagages, ni vu ni connu. Chut ! La famille ne doit rien savoir. Donc aucune mention de Juju dans le journal de Totor. Mais à voir avec quelle bonne humeur il est rédigé, on sent que les amants sont aux anges. Entre Bidart et Saint-Jean-de-Luz, alors qu’ils s’apprêtent à passer la frontière, l’effroyable roulement d’une charrette à bœufs typique de la Biscaye ramène Hugo à son enfance espagnole. Ce qui nous vaut quelques pages quasi proustiennes sur le pouvoir qu’on les souvenirs involontaires de retrouver le temps perdu.
Victuailles, sites, monuments, rencontres, le voyageur se régale de tout. Soudain, au lac de Gaube, un monument érigé à la mémoire d’un couple de jeunes Anglais dont la barque a chaviré et qui se sont noyés il y a une dizaine d’années auparavant l’attriste profondément. Prémonition ? Sur le chemin du retour, parcourant une gazette dans un café de Rochefort, Hugo apprend la mort de sa fille et de son gendre en des circonstances analogues. Resté inachevé, le « Voyage vers les Pyrénées » ne paraîtra pas de son vivant. Il est pourtant magnifique. Et ici magistralement interprété par Julien Rochefort dirigé par Sylvie Blotnikas. Ce n’est pourtant pas un texte destiné à être dit, ni moins encore à être joué, mais l’interprète et sa metteur en scène savent l’animer. On se balade avec un Hugo espiègle et gamin. Jusqu’à ce funeste coup de tonnerre dans un ciel serein.

Jacques Nerson

   
 
Télérama
 
du 3 au 9 septembre 2016
La chronique de Fabienne Pascaud6

Pyrénées ou le voyage de l’été 1843
Monologue
Victor Hugo


Il y a ceux qui parlent et ceux qui ne parlent pas. Les spectacles uniquement fondés sur des gestes, le corps, les objets, les gags et les sons; et ceux où seul le verbe est roi.
La fragilité, on l’éprouve aussi dans le splendide journal de voyage dans les Pyrénées qu’écrivit Victor Hugo en 1843. Il avait 41 ans, beaucoup de succès déjà, une femme, quatre enfants et une maîtresse dévouée qui l’accompagnait, sans qu’il l’évoque jamais. Dans un espace totalement nu -, rideaux de velours noir au fond, petit tabouret noir au milieu-, Julien Rochefort (un des fils de Jean) peut distiller sans jamais en faire trop, avec ce qu’il faut de théâtralité, de distance comique et de style XIXe romantique la fascinante écriture du maître, tout ensemble descriptive et onirique, pittoresque et philosophique. Il convoque entre deux descriptions d’auberges ou de montagnes, de paysannes ou de repas une mémoire déjà proustienne des objets et des choses, des considérations géographico-politiques et des prémonitions de mage. Le retour du futur auteur des Misérables s’accompagne en effet de l’annonce de la disparition de Léopoldine, sa fille tant chérie, et de son mari. S’il en avait des signes, il découvre leur noyade en attendant sa dernière malle-poste. Il ne sera plus jamais le même. La mort l’a fouetté en plein cœur, et la tragédie d’exister. Restent les fugaces émerveillements des Pyrénées. Auxquels l’écriture donne un parfum d’éternité, finement rendu par Julien Rochefort, dandy flegmatique.
   
 
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